2009, Une saison qui prédit le bonheur !

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2009, Une saison qui prédit le bonheur !

Message par Cmoi le Mar 29 Déc - 20:19


Par Emmanuel Moine (Cazzu)


On partait dans un flou artistique le plus total. Des Ferrari décevantes en essais hivernaux, des McLaren développées à jouer le titre l’année précédente, des Renault prometteuses et des BMW à la pointe du KERS. A Melbourne, il n’en fut rien ! 1ère ligne 100% Brawn, à l’arrivée 1ère victoire et doublé de la saison pour cette équipe alors encore inconnue et surtout sans Histoire. Le départ, dans l’Albert Park, justement, devait présager d’une saison incongrue et plutôt constructive. Button prend un envol parfait, assurant le boulot, Barrichello se voyant régresser de 6 places après un tergiversement trop longuet lors de la procédure d’accélération.
Une saison où la F1 a souvent frôlé, justement, les limites de l’incompréhension. Certains ont débuté avec le KERS (ndrl : nouveau système de récupération d’énergie autour de la voiture, qui propose au pilote de disposer de 30 chevaux supplémentaire pendant 45 secondes), d’autres avec le double diffuseur (ndlr : fond plat favorisant l’appui aérodynamique et la stabilité de la monoplace). Certains ne disposait d’ailleurs en Australie ni de l’un ni de l’autre. Peut-être d’ailleurs, que l’on a, cette année, trop parlé de l’extra sportif plutôt que de se concentrer sur ce qui nous extasie tous les quinze jours, la course, essence même de ce sport. Peut-être, encore, que cette saison s’est jouée avant 2009. Cette phrase n’est pas anodine, car après tout, si la voiture championne du monde est aujourd’hui issue des bureaux du cabinet de Ross Bran, il faut savoir que ces mêmes bureaux s’occupaient de fixer les règles techniques de ce nouveau championnat. Tristes conflits d’intérêts que seul notre sport peut nous démontrer au fil de tants d’années. Et que dire de la disparition plausible de Honda qui aura financé cette aventure Brawn, qui devra dans les jours prochains, céder sa place à Mercedes, très certainement. Comme il s’agit d’un bilan revenons-en aux faits, course par course, scandales après scandales, joies après peines.
A Melbourne, comme nous vous le disions, la discipline a connu un chambardement spectaculaire ! Les premiers sont les derniers et les derniers se retrouvent premiers. Les grosses écuries se sont trompées sur leur monoplace, mis à part Toyota, Red Bull et Brawn qui tirent leur épingle du jeu. Nous vivrons ce que j’appellerais, « l’imbroglio Diffuseur », sorte de premier chapitre au grand livre 2009. Ceux qui le possèdent revendiquent sa conformité aux règlements quand ceux qui ne l’ont pas en appel aux grandes instances. Ce que les seconds ne savent pas c’est que leur saison est presque jouée et qu’on ne les reverra pas de sitôt. La Brawn est bien né, la Red Bull aussi, et dès le grand prix de Malaisie, seconde manche, interrompue pour cause d’averses, Toyota semble déjà trop irrégulier. Brawn et Red Bull sont issus de deux écoles différentes. Red Bull c’est une machine communicative et marketé, où la vision technologique d’Adrian Newey s’oppose complètement au flegme du grand Ross. Chez Brawn ont l’a joue profil bas, loin des Pit babes et autres animations musclés de la firme autrichienne. Une duel de style donc mais aussi un duel de stylistes avec comme premier rôle Jenson Button donc et Sébastian Vettel, qui remporte le GP suivant, en Chine, une nouvelle fois sous des trombes d’eau. On croit le championnat un temps soit peu relancé, un suspense redevenu transcendant. Et pourtant, Button s’affranchit de victoires incontestables à Bahreïn, Barcelone et Monaco. Avec 5 victoires en 6 courses, Button rejoint les plus grands, à savoir, Schumacher ou Jim Clark. Jamais d’ailleurs un pilote avec d’aussi telles statistiques de début de saison n’a échoué dans sa quête de titre suprême. Il ne lui reste plus qu’à gérer.
C’est en Turquie, que Red Bull redonne espoir et prolonge le suspense d’un championnat qui ne peut s’empêcher de nous laisser l’impression d’avoir été floué dès le départ. Doublé de Vettel et Weber. Le travail des ingénieurs de Milton Keynes semble payer et propulser la monoplace « dark blue » au premier rang de la hiérarchie. Même son de cloche à Silverstone, nouveau doublé Red Bull, dans le même ordre. 2009 restera comme la saison des premières avec, notamment, les premiers lauriers pour Mark Weber, à Hockenheim, en Allemagne. Les Brawn semblent en dedans. On croit tous aux retours des taureaux rouges, mais il manque une hiérarchie. Après l’Allemagne, Weber est devant Vettel au classement pilote, et Christian Horner ne peut placer l’ensemble de ses œufs sur un de ses deux poulains. A Maranello la crise a sévit, des têtes sont tombées. La scuderia n’est plus que l’ombre d’elle-même, mais cette seconde période va lui permettre de recoller aux leaders. Massa revient peu à peu, au contraire de Kimi Raikkonnen. Le début de saison du finlandais est plombé par une démotivation supposée complète et une lassitude du « F1 circus » sans doute irrémédiable. Domenicali s’arrache les cheveux, Schumacher perd ses nerfs lors d’un échange un peu musclé à Monaco, et Weber, président du GPDA auquel seul Kimi n’est pas adhérent, le traite d’alcoolique, toujours à Monaco. Certains journaux italiens comme la gazetta annonce que le finlandais volant est en cure de désintox’. Info ? Intox ? Il nous fera mentir. Côté McLaren, le scandale de Melbourne (ndlr : Hamilton ment à une réunion de commissaire sur ordre de l’équipe), Ron Dennis a plus ou moins été débarqué et Hamilton semble vouloir se racheter une image. Chez BMW rien ne va plus, le KERS est abandonné dès le GP d’Espagne et l’arrêt de ses activités pour 2010 est prononcé peu de temps avant le GP d’Allemagne. Les Renault ne semblent pas être mieux lotis, Alonso faisant preuve de brio pour mener sa voiture dans les points, malgré tout, les espoirs de victoires ou même de titres comme l’annonçait l’espagnol, avant l’Australie, ne semble que fumée. Nelsinho Piquet est décrié depuis le début, le discours de Briatore se durcit, Grosjean se rapproche. Quand à Bourdais, seul français sur les circuits, après avoir récolté un bon point salvateur à Melbourne puis une course très solide à Monaco, il est difficile de juger sa première partie de saison. Il n’a pas la voiture pour percer mais on ne peut pas dire qu’il se soit montré spectaculaire sur la piste. Pire, Buemi semble très proche de sa performance, lui qui n’est plus un rookie. Bourdais semble paniqué, certes peu aidé par les médias français qui ne l’estiment pas au niveau.
La troisième partie de la saison est placée sous le signe de la rédemption. Les grands reviennent. En Hongrie, pourtant, le weekend commence bien mal pour Ferrari qui perd Massa en qualifications, suite à un accident invraisemblable, causé par un écrou d’à peine 30 centimètre, qui rentre de plein fouet dans le casque du malheureux brésilien. Il est out pour la saison, mais on a cru le pire. Fernando signe finalement la première pole de Renault depuis 3 ans. Etonnamment, c’est en Hongrie que les premières infos transferts tombent : le taureau irait chez Ferrari en 2010. Les voitures françaises ruinent leur course à cause d’un écrou de roue mal fixé. Hamilton décroche sa 10ème victoire de sa jeune carrière. McLaren est de retour. Raikkonnen impose sa Ferrari à la deuxième place et signe son retour au moment le plus opportun pour la scuderia. Il est le nouveau leader et semble libéré du fardeau Massa. Quand à Bourdais il est remplacé par Algersuari, jeune espagnol, que Toro Rosso semble vouloir former, en vue de 2010. Pour Bourdais c’est une injustice, tant il ne fallait attendre de miracle d’une machine bien trop faible pour bien figurer. Il part par la petite porte, 3 jours avant d’arriver à Budapest. Piquet, lui, cède son baquet au jeune Romain Grosjean dès le grand prix de Valence, où le long et filiforme franco-suisse, signe des temps placés à 2 dixième de son coéquipier Alonso. Et pendant que Button marque de petits points, son coéquipier, Barrichello, que l’on disait fini, l’emporte grâce à une stratégie, typique Brawn, celle de l’anticipation d’arrêts aux stands. Comme à la grande époque de Ferrari, « sauf que Barrichello l’emporte », diront les mauvaises langues. Hamilton confirme son retour en état de grâce, tout comme Raikkonnen, à nouveau sur le podium. La Belgique, peut-être une des plus belles courses de la saison, marque un temps d’arrêt et la confusion semble de retour. Déjà, il s’agit de la première piste sur laquelle le KERS apporte un véritable avantage. Raikkonnen le comprend et l’emporte sur son circuit fétiche, mais c’est plus la performance de Fisichella sur Force India qui impressionne. Incapable de doublé le finlandais, bien aidé par son KERS, l’italien se rappelle au souvenir de toutes les écuries. Pole Position, seconde place malgré le meilleur tour en course. Au soir, du Grand prix, personne ne semble, définitivement, comprendre la hiérarchie et l’ordre d’une saison loufoque et inédite. Et quelle stupeur lorsque Tv Globo dénonce ce qui sera le Singapour Gate, ou scandale Renault. Côté piste, Grosjean percute Button dès le premier tour. Ils ne marquent pas de points. C’est la stupeur chez Brawn, la voiture semble en dedans. Pourtant, Red Bull n’en profite pas.
La dernière partition débute en Italie. Fisichella remplace le très médiocre Badoer (derniers lors de ses deux courses) sur une Ferrari inconduisible, qui annonce l’arrêt du développement de la voiture. L’annonce de l’arrivée de Fernando Alonso est reportée du fait de l’affaire Renault/Piquet. Sur fond de scandale et dénonciations frauduleuses, honteuses et calomnieuses, ce grand prix marque le dernier de Briatore et Symonds à la tête du Renault F1 Team. Barrichello l’emporte devant Button. Les Brawn boys sont de retour, le championnat est tout de même relancé. 14 points séparent Button de Barrichello. Singapour, c’est la stupeur. Renault reconnu coupable, la machine à laver made in Mosley semble avoir finit son travail. On parle d’un retrait de l’écurie française qui perd d’ors et déjà son pilote vedette, Fernando, partis pour Ferrari en 2010, et l’ensemble de ses sponsors, dès le vendredi des essais libres. Romain Grosjean fait une nouvelle course des plus pitoyables, abandonnant sur un problème de freins au 3ème tour. Les médias français s’en prennent à lui, comme pour Bourdais, mais le vrai problème vient peut-être du fait que l’écurie n’est pas capable de fournir deux voitures au top. Alonso finit 3ème, pour vous dire. Au Japon, Les Red Bull étaient attendues au tournant, et Vettel n’a pas déçu. Victoire, il se repositionne à son tour à 14 points de Button et à 3 longueurs de Barrichello. A deux courses de la fin, le jeune allemand semble insubmersible. Oui mais voilà, au Brésil, Button se rebiffe et au prix d’une magnifique course, en combat avec le jeune japonais Kobayashi notamment, est sacré champion du monde en finissant seulement 5ème. Button fait le show, et prive Barrichello de relancer l’espoir devant son public. Weber est un vainqueur anonyme, supplanté par la Button mania qui envahit Interlagos. On terminera la saison sur une superbe victoire de Vettel, sur le démesuré circuit de Marina Yas à Abu Dhabi.
Beaucoup diront que cette saison a sacré un champion du monde de seconde zone, d’autres penseront que 2009 marque la fin du règne FIA et le retour de la FOTA. On pourra parler du retrait progressif de Constructeurs empêtrés dans une terrible crise, et du démantèlement de grandes légendes de ce sport. Nous aurions pu nous abstenir de nombreuses affaires. Et pourtant, quelle magnifique affiche pour 2010. Dans un championnat rééquilibré, beaucoup de pilotes semblent aujourd’hui capable de jouer la gagne et pourquoi pas au championnat. L’arrivée de 4 nouvelles écuries va également changer la donne et la vision de la discipline. 2009 aura été spectaculaire mais pas passionnant, tout ceci reste de bonne augure pour 2010. 2009 a lancé 2010, espérons que 2009 aura également fait comprendre à la F1 que son avenir proche doit prendre en compte de nouveaux thèmes tel que l’écologie, pour ne pas disparaitre. Un nouveau leitmotiv semble s’imposer : « une F1 pour une voiture de demain ». En France, 2009 aura au moins marqué la volonté des français de retrouver leur grand prix national, en attendant une voiture et un pilote compétitif.

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