Symonds, un départ par la petite porte

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Symonds, un départ par la petite porte

Message par Cmoi le Mar 29 Déc - 20:35


Par Emmanuel Moine (Cazzu)

Le « crash gate », nom de l’affaire impliquant la responsabilité de Renault dans l’accident prémédité de Nelsinho Piquet, au GP de Singapour 2008, aura déjà fait deux victimes. Si le nom de Flavio Briatore a, largement, alimenté les réactions ; négatives ; des différents acteurs du Circus F1, depuis l’annonce faite par Renault le 16 Septembre dernier, il est un nom que l’opinion semble oublier. Pat Symonds.
Supplanté par l’aspect médiatique et sulfureux du personnage Briatore, le départ du stratège anglais semblerait presque passer inaperçu, tant le monde de la Formule 1 ne pouvait s’attendre à pareil frasque, de la part d’un ingénieur, souvent salué par ses pairs, pour sa mentalité exemplaire. Simple mécanicien de l’écurie Toleman, au début des années 80, Symonds survit aux différents changements de propriétaires, prenant part aux aventures Benetton (1986-2001) puis Renault (depuis 2001). Ce parcours lui vaux, notamment, la réputation d’un homme fidèle à ses couleurs ainsi qu’à son patron, un certain Flavio Briatore… Même son de cloche en 2006, lorsque sollicité par les deux géants japonais, Honda et Toyota, Symonds refuse les millions de yens pour le déclin annoncé de la marque au losange et se démarque, ouvertement, de l’attitude de ses collègues Mike Gascoigne puis Bob Bell. A un moment où le départ d’Alonso est vécu comme une tragédie du côté des usines d’Enstone, la fidélité de Symonds étonne et séduit les hautes instances de l’écurie française, qui loue ses qualités humaines.
Pourtant, Pat Symonds n’est pas qu’un bon samaritain. S’il a su traverser les âges et les temps de la discipline reine du sport automobile, il le doit à une vision tactique de la course hors pair. Elève de l’école Brawn/Byrne, avant que les deux célèbres techniciens ne suivent Schumacher, chez Ferrari, en 1996, Symonds a bons nombre de succès sur des stratégies d’arrêts, où son sens de la course fut maintes fois adulé. Singapour 2008 devait y couper… Son implication dans les titres de 2005 et 2006 est maximale, comme M.Schumacher eu prédit, après le GP d’Imola 2005 : « Avec un pilote aussi bon que Fernando, les recettes de Pat font tout de suite plus mal et inversement »
« L’homme des bons coups », chez Renault, faisait partie intégrante du triptik ; Briatore – Alonso – Symonds ; qui a tant fait rêver la France de la Formule 1. Son attitude très discrète, dans les médias et le paddock, ne lui empêchera pas de nouer de vraies amitiés avec les deux principaux poulains de Briatore, à savoir Alonso et Schumacher. Même si son intransigeance lui a souvent été reproché vis-à-vis de Fisichella ou encore Kovalainen, le britannique ne fit que très rarement parler de lui. Briatore disait justement à son sujet, pour marquer leur vingtième année de collaboration au plus haut niveau, lors de la présentation de la R29, en Janvier dernier : « Je suis sa bouche et sa gueule, il est ma tête ». Il est vrai que si Briatore sème le feu, le caractère plus froid de Symonds est souvent là pour pondérer.
La FIA lui avait proposé de coopérer à l’investigation sur le « crash gate », au soir du GP de Belgique, contre l’immunité. Symonds refusa poliment. Il fallait y voir un aveu de culpabilité nullement dénué d’un sens loyal profond. Briatore aurait pu payer seul. Toutefois, Symonds aurait participé aux faits, puisque présent lors de la réunion du débriefing d’avant course, dont a parlé Nelsinho Piquet, dans sa déposition de la semaine dernière. C’est également lui qui le tenait au courant du moment de la course où Nelsinho devait se projeter sur le mur, tout ceci parfaitement calculé mathématiquement en fonction de la quantité embarquée par Fernando Alonso. Il s’agit en effet bien là, peut-être de l’affaire la plus honteuse que la F1 ai connu comme le rappelait récemment Jean Louis Moncet.
En ne respectant pas les règles d’Omerta, qui siège au sein des écuries, à travers les temps, Nelsinho Piquet a dénoncé celui à qui il doit sans doute, notamment, son meilleur résultat en course (ndrl : une 2ème place au GP de D’Allemagne à Hockenheim, en 2008, la stratégie mise en place par Symonds, lors de l’intrusion de la voiture de sécurité aurait même pu lui rapporter sa 1ère victoire) et ne compte pas s’arrêter là. Depuis Jeudi, Fernando Alonso semble être la nouvelle cible des Piquet, père et fils. Comme le confirme les dires du triple champions du monde, Nelson sénior : « Un pilote intelligent aurait demandé à son équipe pour quelle raison il devait s'arrêter au 12eme tour seulement alors qu'il était 15eme sur la grille de départ », a-t-il expliqué. « En tant que pilote, j'aurais suspecté quelque chose et j'ai donc de grandes difficultés à imaginer que Fernando n'était au courant de rien ». Le crash gate n’est pas encore fini, avec son lot de nouvelles déceptions et en attendant les sanctions de Mardi prochain. L’espagnol pourrait être sanctionné si toutefois il est avéré qu’il était au courant des agissements de ses patrons, mais quand on connait l’implication du génial espagnol dans le dynamisme de son équipe, il y a fort à parier que oui. On sait aussi que la FIA n’a jamais épargné Alonso dans le passé (ndlr : affaire des Suspensions miraculeuses dessinées par Symonds, déjà à l’époque, approuvé dans un premier temps puis interdite en fin de saisons du fait de la domination sans partage et cette fois ci logique des Renault).
A raison, les Piquet ont ridiculisé les carrières de Briatore et Symonds, il semble pourtant possible, aujourd’hui, que l’avenir des voitures jaunes en F1 prenne le chemin de la sortie. A tord.

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