Le paradoxe Alonso

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Le paradoxe Alonso

Message par Cmoi le Mar 29 Déc - 20:41


Par Emmanuel Moine (Cazzu)

« Alonso va nous manquer… Il fera toujours partie de la famille Renault… c’est un très grand champion ». Le Gp de Singapour se termine dans une humide nuit d’Automne, et les trémouleaux de la voix de Jean François Caubet, ému à plus d’un titre, au micro de TF1, vient de lâcher une bombe. Le pilote espagnol, idole de « France et de Navarre » quittera l’écurie au losange, pour rejoindre Ferrari, à la fin de la saison. A 28 ans « el nando », met fin à deux années de spéculations quant à son avenir au sein de l’écurie française. Avant le week-end prochain, date du prochain grand prix du Japon, où il s’est imposé pour la dernière fois avec Renault, l’annonce deviendra officielle, même si l’état major de la scuderia le susurre depuis qu’a éclaté le crash gate. Il restera alors 3 courses au prodige espagnol au volant de cette voiture jaune en plein renouveau. Et pourtant, la reconstruction de 2010 sans Fernando Alonso marque la fin d’une ère. Retour sur sept années de passion, entre coups de génie et trahisons.

Issu d’une famille modeste, Fernando Alonso Diaz, né à Oviedo il y a près de 28 ans aurait du se destiner, en grand sportif, à taper dans le ballon rond ou dans la petite balle jaune, comme tous les petits enfants de son pays. Fils d’un fana de F1, Alonso débute le karting il y a 20 ans. Son talent le propulse, dans les différentes catégories juniors où il excelle et se fait remarqué par différents sponsors, dans un pays où la F1, à la différence de la moto, n’a toujours pas fait son trou. Son père, asphyxié par les dettes, voit son fils intégrer une monoplace, en Formule Nissan, sorte d’école de pilotage à l’espagnol. En 1999, pour sa première saison, il remporte le titre et se lie d’amitiés pour Adrian Campos (ndrl : fondateur du Projet Campos F1, nouvelle écurie en 2010) qui devient son manager. Le précurseur enseigne au jeune prodige les codes et les attitudes du show business automobile. Lorsqu’il intègre la F3000, en 2000, Alonso est soutenu par toutes les plus grandes multinationales ibériques. Santander, Repsol, MoviStar, les Alonso sont soutenus financièrement car le plus jeune est, déjà, un prodige. Ses performances et surtout la manière qu’il emploi à semer la zizanie, dans le peloton de tête, à Barcelone et Spa, le font remarquer aux yeux de tous. Une saison, seulement deux victoires mais Alonso est déjà pressentit pour devenir un très grand. Campos le présente à Briatore, qui voit en lui les millions de pesetas que son pays, un des plus dynamiques en Europe, apporterait, en même temps qu’un attachement à la discipline. A l’hiver 2001, l’italien réussi à lui décrocher un test pour Minardi, qui l’engage sur le champ. La saison est difficile, sans coups d’éclats, dans une voiture bien trop modeste. Poulain de Briatore, donc pilote candidat à un baquet du Renault F1 Team, Alonso y accepte un poste de pilote essayeur, en 2002, en concurrence directes, lors des « feux » séances d’essais privés, avec Button et Trulli, tout deux titulaires. Si Alonso surclasse ses ainés, Briatore accepte d’envoyer son poulain faire un test chez le concurrent Jaguar. L’espagnol laisse Irvine et De La Rosa sur le bord de la piste et Bernard Faure, qui souhaite imposer Bourdais à Briatore, ne peut que s’incliner devant le génie du taureau espagnol. L’opinion française, outrée, ne peut que constater la classe du jeune pilote, il est pilote titulaire Renault dès 2003 et fait taire les critiques, au bout de deux courses, en Malaisie, grâce à sa 1ère pole position.
Attaquant acharné, metteur au point intelligent, leader de caractère, Alonso remporte sa première victoire en 2003, à Budapest. La France, à qui il manque un pilote en championnat du monde se prend d’amour pour lui et le porte aux louanges. 2005 et 2006, c’est l’Alonsomania. Le pilote a muri, son caractère s’exprime, cette fois-ci aux yeux du monde. Attachant, tous les fanatiques français n’oublieront jamais ses paroles engluées de larmes, dans le tour d’honneur du GP du Brésil 2006, au soir de son deuxième titre mondial. L’anti-Schumacher jusque boutiste, rebelle quand la Fia le condamne injustement, fier lorsque les couleurs des Asturies coupe la ligne d’arrivée en vainqueur, Alonso convainc les puristes, qui voient en lui, la lignée d’un Senna. Budapest 2006 pourrait être le meilleur exemple, 15 dépassements en deux tours dont un extérieur, sous la pluie, sur le barron rouge. Ceci n’est pas sans rappeler Donington 1993. « Magic Alonso » est né. Sa passe d’arme, à Imola 2005, avec son pire ennemi, rappelle les plus belles heures de la discipline alors que la FIA luttait contre l’ennui depuis quelques années. Alonso sauve le spectacle et réveille la fierté nationale d’une écurie Renault jusqu’ici malmené. Les deux titres créés un petit engouement en France et réveille les aficionados endormis.
Mais l’Espagne, toute entière, ne croit pas à l’idylle de son pilote avec l’écurie française. La Renault n’est pas tout à fait la meilleure écurie du plateau, aux yeux des supporters ibériques. Pas assez de technologies, pas assez clinquante. A tord. Alonso cède aux conseils de son entourage et cède à l’appel des livres sterling de McLaren. Deux semaines après son titre, en 2005, il signe un contrat pharaonique pour la saison 2007. En interne, l’espagnol justifiera ironiquement son choix par une préférence pour une Mercedes de fonction au détriment de la Mégane qui lui était allouée, chez Renault. Loyal, Alonso se bat plus que jamais en 2006, son dernier titre de champion du monde. Toutefois, l’écurie est sous le choc, ses supporters français, abasourdies. 2007, l’année terrible. Ron Dennis l’évince au profit de son protégé, Hamilton. L’orgueil du « toro » en prend un coup. Les luttes internes ajoutées au climat de défiance, provoqué par le scandale d’espionnage que vous n’êtes pas sans connaitre, pourrissent la saison des flèches d’argent. Sur la piste Alonso perd son titre au profit de Raikkonen. Lorsqu’il déballe à la FIA tous les dessous du Spy gate, Alonso trahit toute une équipe, un arrangement est trouvé à l’amiable, Fernando retourne chez Renault pour 2008 et 2009. Son passage chez McLaren ternit son image. A son retour à Viry-Chatillon, on le dit Veinal, Hautain, Egoïste. Renault lui impose alors de nouvelles règles afin de mieux maitriser son image. Alonso doit parler français, par exemple.

Conférence de presse d’après course, dimanche dernier. « Je remercie toute l’équipe mais j’ai envie de dédier ce résultat à Flavio. Il est chez lui mais il a sa part dans les résultats que nous obtenons aujourd’hui. » Provoc’, presque indécent, alors que Renault ne se voit pas sanctionné pour l’énorme scandale du crash gate, que le mot d’ordre est au profil bas, pourquoi Alonso dérape t’il ainsi ? Il n’est pas certain que ses mécaniciens ainsi que l’ensemble de l’équipe, pour la plupart soulagés du départ de Briatore, n’ai goûté à son court monologue. Qu’importe, l’espagnol sera, sans nuls doutes, habillé de rouge, dans quelques mois. Une nouvelle fois, il quittera Renault, usé par deux saisons de vaches maigres. Certes Renault ne lui a pas offert une voiture à la hauteur de son talent, mis à part en fin de saison dernière. Le losange perd son leader, sa gueule. A une heure où la véritable question porte sur l’avenir de Renault en F1, la séparation entre Alonso et sa « famille » est une nouvelle fois à déplorer. Puisqu’il « croit à l’avenir de Renault » pourquoi ne pas s’engager dans un nouveau challenge, en capitaine affirmé d’une écurie en reconquête. Beaucoup diront qu’Alonso n’a rien à envier au pilotage de Schumacher, et pourtant les supporters français regrettent, surement, la fidélité de l’allemand à l’écurie Ferrari. Renault sans Alonso, Alonso sans Renault, l’histoire ne sera plus la même. Il y a fort à parier que l’union du génie avec les rouges fera des étincelles. A 28 ans, Il serait étonnant de ne pas le voir finir sa carrière du côté de Maranello, mais la F1 peut encore nous révéler quelques surprises accompagnées de son lot de rebondissements.
Kubica, son hypothétique remplaçant, et meilleur ami du paddock (ndlr : Hamilton leur pire ennemi les appellent en off, les joueurs de cartes), pourrait apporter le panache et l’émulation qu’Alonso a tant prêché, 7 années durant. On aurait préféré les avoir tous les deux. Tanpis. Alonso gagnera sans doute encore beaucoup de courses et de titres, offrant une affiche, McLaren/Ferrari, des plus alléchantes. Si le schéma, Hamilton-Raikkonen, Alonso-Massa est respecté, alors le spectacle de 2010 ne sera que décuplé. La F1 en ressortira gagnante.

Ici subsiste le paradoxe Alonso, capable du pire (Hongrie 2007, Spy gate, Crash Gate ?) comme du génie, nous procurant joie, excitation mais frustration. Lorsqu’un pilote de sa trempe apporte autant à son sport, on est toujours tenté de se l’accaparer. Quand un pilote nous apporte à nous, France de la formule 1, déchue depuis de nombreuses années, autant de passion, on est forcément tenté de ne pas partager. Entre amour et désamour, on ne peut que souhaiter le meilleur à Fernando Alonso, non sans regrets… Pour nous seulement.

Cmoi
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Re: Le paradoxe Alonso

Message par Invité le Mar 5 Jan - 18:16

Je déplore aussi le départ d'Alonso , mais Renault n'a pas été capable de lui donner une voiture pour la gagne , pire , Renault n'avait le budget que pour une seule "bonne" voiture ... ce qui imposait à Alonso de travailler seule sur la voiture ... et puis trop d'indécision de la part de Renault depuis l'arrivé de Carlos Ghosn ...
1 - une premiere fois en début de saison 2006 , lorsqu'il dit que Renault arrete la F1 en fin de saison , Alonson signe de suite chez McLaren ...
2 - incapacité de Renault à fournir deux bonne voitures
3 - le crash volontaire de nleson Picket junior qui ternit un peu plus son aura de champion aprés l'histoire d'éspionage McLaren/Ferrari
4 - l'éviction de Briatore par Renault , celui qui lui a donné sa chance en F1 .

Il n'en reste pas moins un pilote hors pair , surdoué , capable de faire gagner une Renault raté , se battant mème lorsqu'il part en queue de peloton se donnant toujours à 200 % .

Par contre , son arrivée à la scuderia Ferrari n'est pas du gout de tout le monde ... Massa n'est pas vraiment son pote , et les mécanos et ingénieurs ne sautent pas de joi non plus ... un nouvel épisode McLaren ?
Chez Ferrari , il y a toujours eu un 1er et un second pilote ... là , on mets deux premier pilote ... par peur de voir un Massa ne pas revenir au meilleur de son pilotage et ainsi s'assurer d'un titre ?

En tous cas , cette saison promet de belles empoignade avec Roberg/Schumi chez Mercedes (ex BrawnGP) , Alonso/massa chez Ferrari et un Kubica chez Renaut ... avec Sauber qui revient (ex BMW) ... sans compter l'arriver proble d'une ou plusieurs nouvelle écurie ... j'ai hate !

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Re: Le paradoxe Alonso

Message par Invité le Lun 8 Mar - 19:52

Rien à redire en ce qui concerne l'article. Assez agréable à lire au passage.

Pour ce qui est des empoignades précitées, elles sont l'une des sources de motivation et d'excitation pour regarder cette future saison de F1 2010 !!
J'en frémis déja... J-4 !!

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Re: Le paradoxe Alonso

Message par Invité le Ven 12 Mar - 12:13

celui qui gagne a toujours raison.
donc si alonso gagne, tout le monde chez ferrari sera a ses pieds!

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Re: Le paradoxe Alonso

Message par Invité le Dim 21 Mar - 12:10

il a gagne, les tifosis et l'eqipe ferrari sont a ses pieds
comme prevu

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Re: Le paradoxe Alonso

Message par cazzu le Lun 22 Mar - 15:18

et nous on est triste ...
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Re: Le paradoxe Alonso

Message par Cmoi le Lun 22 Mar - 15:26

non pas moi... Very Happy bon ok, je :arrow: lol!

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Re: Le paradoxe Alonso

Message par cazzu le Mar 23 Mar - 11:36

Renault lui a permis de courir avec les couleurs des asturies au moins !!!
lOoL
C'était beau ca tous ces drapeaux jaunes et bleus !
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