Un prophète nommé Senna

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Un prophète nommé Senna

Message par cazzu le Lun 3 Mai - 1:12



PAR EMMANUEL MOINE (alias Cazzu)

Le 21 Mars dernier, Ayrton « Magic » Senna aurait eu cinquante ans. Avec trois titres, 41 victoires et 65 poles position, le brésilien a longtemps porté l’amour du public et endossé l’âme d’une F1 à une époque de plus en plus industrielle. Roi de la pluie, de la glisse, du panache et parfois aussi de l’accrochage, Ayrton restera comme le prophète d’un sport, aujourd’hui orphelin et il y a 16 ans, jour pour jour, traumatisé par un week end plus funèbre qu’ensoleillé. Retour sur une carrière de passion, flashback sur un week end de frissons.
Senna, à l’instar du précurseur Jose Carlos Pace, est originaire de la grande cité Pauliste, fleuron d’un Brésil émergeant à la face du monde. Aujourd’hui adulé par toutes les couches sociales brésiliennes, Ayrton n’en ai pas moins issue d’une famille plutôt aisée. Il vient aux sports automobiles à l’âge de 4 ans lorsque son père lui construit un kart de ses propres mains. Sa sœur Viviane dira de lui, par la suite, « Ayrton était hyperactif étant petit, au moins avec le Kart, on était tranquille en allant se coucher ». Le petit bonhomme aux cheveux bouclés s’entraine régulièrement sur le circuit d’Interlagos où il écrira plus tard, les plus belles pages de sa carrière. A 13 ans, son père se décide à lui offrir un kart déjà préparé afin qu’il puisse participer à sa première course. Il l’a gagne et participe à d’autres évènements sur le même circuit d’Interlagos. Il avouera plus tard être capable de boucler un tour de ce circuit, les yeux fermés.
A 17 ans, Senna s’engage dans le championnat d’Amérique du Sud, mais vit sa passion au jour le jour. Pas de plans de carrière, le jeune Ayrton ne courre que pour les sensations, pour ressentir l’adrénaline des glissades contrôlées, et déjà tutoyer les limites. Entre 1977 et 1981, celui qui n’est encore qu’un espoir, remporte tout ou presque : double champion d’Amérique du sud, quadruple champion du Brésil, double vice champion du monde.
C’est en 1981 que Senna quitte le Brésil définitivement et se lance dans un projet de carrière. Le brésilien n’a que 21 ans et déjà il fait sensation dans le championnat britannique de Formule Ford 1600, qui est alors LE grand test pour chaque pilote en quête de futur. Son style très agressif étonne alors mais la rapidité est là. Il remporte le championnat la même année, remporte le championnat Formule Ford 2000 l’année suivante puis la F3 britannique en 1983. Son nom, Ayrton Senna Da Silva étant trop difficile à prononcer pour ses mécaniciens, ces derniers décident de l’appeler Harry. Ayrton jouit justement d’une affection exceptionnelle de tous ceux qui l’accompagnent dans son aventure. Pourtant, sa passion semble s’éteindre et entre 81 et 82, le jeune prodige rentre au pays pour s’occuper des affaires de son père, qui gère une société d’import /export à l’international. Senna en a marre de courir après les sponsors et aimerait se consacrer uniquement au pilotage, à la performance pure, à la course qu’il dit « vivre dans ses veines ». Intermède de quelques mois, puisque vite lassé, le brésilien décide de revenir en Angleterre avec de nouvelles convictions. Pendant cette pause, au cours de cet errement, Senna devient un Homme et de nouveaux projets de vies lui viennent à l’esprit. Il ne veut pas seulement courir pour courir mais uniquement pour gagner. Gagner pour le Brésil, un pays à qui il veut rendre sa fierté, gagner pour tous les brésiliens qui souffrent des disparités. Il a le projet d’un Brésil uni, autour d’une cause, autour d’un sentiment d’appartenance commun. Senna n’est plus seulement un pilote, mais un jeune sportif engagé. Son instinct de tueur s’en trouvera renforcé, la preuve : à son retour il remporte 22 des 27 courses du championnat de Formule Ford 2000.
Fin 1983, Senna impressionne nombre d’écuries de F1 et c’est Franck Williams qui lui offre son premier test. Le casque jaune s’installe dans le baquet de Rosberg. Franck Williams, sans pouvoir l’engagé, devient le confident du brésilien et le conseil dans chacune de ses décisions. Il lui décroche notamment trois tests, chez McLaren, Brabham et la modeste Toleman. C’est cette dernière qui embauchera Senna. L’écurie est très jeune, ne dispose pas de grands budget mais se repose sur des ingénieurs en devenir. Senna, sous la pluie, montre toute sa classe et fait un véritable clin d’œil à l’avenir. Au grand prix de Monaco, troisième course de la saison, il se hisse en tête de la course, devant la McLaren de Prost. Malheureusement pour le brésilien, Jacky Ickx, directeur de la course, abaisse le drapeau rouge qui fige le résultat du grand prix au classement du tour précédent. Senna était alors second mais sous un déluge, il vient de montrer quelque chose d’extraordinaire. Tout le monde est alors unanime, Senna a un grand avenir devant lui. Mieux que sa prestation sur la piste, son humilité et son fairplay à sa descente de voiture transcende et impressionne. Ayrton est un grand monsieur, il félicite un Prost quelque peu gêné par la bonne opération. Quelques semaines plus tard, il réitère son exploit en Grande Bretagne où, sur le sec, il tient la dragée haute aux principaux protagonistes et signe un nouveau podium fantastique. Lotus contacte alors Senna pour la saison prochaine, qui cède aux sirènes de la mythique écurie britannique. Toleman le met à pieds pour trahison avant de le réintégré pour les trois dernières courses, et Senna quitte l’écurie de ses débuts sur un dernier podium, à Estoril.
1985 est la saison de la première victoire. Senna brille sous la pluie à Estoril et permet à sa Lotus Renault de renouer avec les lauriers de la victoire. Encore une fois, si la prestation de Senna sur la piste illumine les yeux des spectateurs et le rend quasiment imbattable sous la pluie, « Magic » ; comme le surnomme Johnny Rives ; fédère par la joie qu’il transmet au public lors de chacune de ses victoires. Senna exulte, Senna danse sur la piste, et Senna émerveille. Se drapant du drapeau brésilien à chacune de ses victoires il tient ses promesses de champion mais aussi ses promesses d’Homme. Si la pluie permet à Senna d’exprimer tout son talent, l’exercice des qualifications le sacralise. A une époque ou la formule est à son apogée, Senna montre au delà de son talent, qu’il est celui qui a le moins peur au volant et celui qui fait le plus corps avec la machine. 7 poles positions sur la saison, Senna s’appuie sur une concentration à toute épreuve. Il rapportera plus tard, aux oreilles de Lionel Froissard, être tellement en confiance lors des tours rapides qu’il pouvait se permettre de se tenir en apnée pendant un demi tour pour bénéficier d’un rythme cardiaque plus bas.
En 1986 Senna peut jouer le titre. Sa voiture est rapide grâce notamment au puissant moteur Renault. Pourtant, ce dernier est gourmand en carburant et oblige Senna a ralentir en fin de course. Il laisse filer nombre de victoires mais monte deux fois sur la première marche en dépit de 8 poles positions. La saison 1987 voit l’apparition des suspensions actives qui pénalisent quelque peu le magicien pauliste et sa lotus. Ce sera la dernière saison de Senna dans la célèbre maison anglaise, il s’illustrera à Monaco, et donne encore une preuve irréfutable de toute sa magie.
Senna, sûr de ses armes comprend que Lotus ne lui permettra jamais de devenir champion du monde. Bluffé par Prost il fait tout pour intégrer McLaren et disposer du même matériel que le français. La plus grande rivalité de l’histoire de la Formule 1 nait la même année. Pourtant l’entente cordiale règne encore sur la piste et en dehors. Les deux pilotes se partagent 15 des 16 courses que comporte le championnat cette saison là. Senna l’emporte à Suzuka lors de la dernière manche. Prost est prévenu, Senna sur le toit du monde, 3 jours de fête viendront conclure et saluer la performance du génial casque jaune. 1989 marque, justement, le début d’une guerre psychologique qui laissera des traces chez McLaren. Prost est vexé d’avoir vu Senna gagner en 88 et commence la saison par des accusations. Honda favoriserait son coéquipier, et surtout la réputation de ce dernier serait surfaite, comprendre : Prost n’a jamais été inquiété par le brésilien et lui montre qui est le véritable patron. Ces déclarations de pré saison portent préjudice à l’équilibre de la line up de Ron Dennis qui au bout du 3ème grand prix, à l’issue de la course, à Imola, convoque ses deux pilotes suite à une manœuvre anti sportive du brésilien. Quelque jour plus tard, Prost révèle à l’Equipe que sous la remontrance de Ron Dennis, Ayrton Senna aurait versé des larmes de rage. Senna, à l’annonce de ces déclarations lui promet la guerre. Il récupère notamment le préparateur du français, Julian Jakobi. Prost crie à nouveau au scandale, il semble avoir perdu l’appui de l’écurie. Plus troublant encore, la presse anglaise révèlera à l’issue de la saison que McLaren aurait fournis deux châssis à Senna au cours de la saison, un pour la course, un pour les essais contre un seul à Prost. Si le brésilien concentre toutes ses forces, comme une synergie sur les qualifications, « le professeur » cherche le meilleur équilibre entre les qualifications et la course. De la nait tout l’antagonisme de ces deux caractères : Prost le calculateur, stratège avec un but en finalité : la victoire, Senna l’attaquant, le magistral avec un but en finalité : la victoire mais pas sans moyens ! La guerre s’envenime définitivement à Suzuka pour la dernière manche. Les deux meilleurs ennemis s’accrochent : Prost sera jugé champion.
1990, Prost quitte McLaren pour Ferrari, Senna est le seul et unique patron de l’écurie orange. Il livre bataille contre le français et l’emporte sur un nouvel accrochage réglé dès le premier tour à Suzuka. Cet échec atteint Prost et fait de Senna l’un des pilotes les plus controversés. Il est accusé d’avoir rendu la monnaie de sa pièce à Prost et accuse Jean Marie Balestre de favoritisme vis-à-vis de son compatriote. Il triple la mise en 1991 en livrant une magnifique bataille à Nigel Mansell, notamment en se défendant bec et ongles à Monaco. 1991 est le lieu de la victoire la plus émouvante d’Ayrton. A Interlagos, épuisé par une boite de vitesse cassée, il franchit la ligne d’arrivée en pleure, criant toute sa souffrance empreinte de joie et de soulagement. Senna n’arrivera même plus à soulever son trophée sur le podium, tant il semble fatigué et souffrant. Ce jour là, Senna est allé au de la de ses limites, et s’est montré véritablement invincible. C’est la première fois qu’il gagne devant son public et un vent de folie emporte l’autodrome Jose Carlos Pace. Longtemps ces images resteront dans les annales de la F1. Senna offre du rêve et émeut aux larmes chacun des passionnés et un pays tout en entier. 1991, c’est aussi la saison ou il se lie d’amitié pour un nouveau venu, Gerhard Berger, son coéquipier. Ayrton, grand seigneur, lui laisse la victoire à Suzuka. Il dira après la course « il l’avait amplement mérité avec toute la malchance qu’il a eu depuis le début de la saison ». Senna a compris que le public n’adule jamais les cannibales, et il s’engouffre un peu plus encore dans le cœur de chacun des observateurs, de loin ou de près. Il apporte également une nouvelle image à la F1. Il utilise sa réputation pour monter sa propre organisation à but social, au Brésil, la fondation Senna, mais Ayrton ne se limite pas à signer de gros chèques et édicte un code de bonne conduite pour chaque jeune brésilien. Il s’installe en modèle et sa voix prend autant d’échos dans la société brésilienne défavorisée à qui il apporte tout son amour, qu’à la société corporative surpuissante à qui il apporte une visibilité mondiale. Il tente de réunir les deux au cours de journées et d’évènements exceptionnels au brésil. Il investit notamment ses gains publicitaire dans des centres médicaux, dans des écoles et des centres de formation sportifs.
1992 est une saison à oublier pour Ayrton Senna. Si la Williams Renault est imbattable cette année là, si Honda a quitté l’écurie McLaren, l’absence de Prost sur le plateau démotive complètement le brésilien. Prost a décidé de prendre du recul sur sa carrière et Senna le contacte régulièrement par téléphone pour le pousser à revenir à la compétition. Sans Prost, il le dit lui-même, il « n’a plus aucune raison de courir ». il hait particulièrement de se retrouver aux côtés de Schumacher et Mansell, qu’il juge trop « chiens loups » et sans « aucune classe ». L’antagonisme avec Schumi prend toute son importance à Magny Cours, lorsqu’après un accrochage avec l’allemand, Senna vient le chercher dans son box pour en venir aux mains. A la mi saison, Prost annonce son retour chez Williams, Senna le recontacte pour lui demander de courir à ses cotés. Il sait que la Williams est la plus rapide et il propose même à Franck et Patrick Head de courir gratuitement en échange de service rendu lors de ses débuts, dix ans plus tôt. Prost refuse, Senna, fou de rage, fait un test aux USA chez Penske. On ne pense pas revoir le brésilien pour la saison 1993.
Et pourtant, il débute la saison et dispute très rapidement la victoire au bout de la deuxième manche chez lui, à Interlagos. Son modeste moteur Ford l’empêche de dominer des Williams bien conçues, pourtant le châssis MP4-8 semble performant. Fangio lui remet notamment le trophée du vainqueur au Brésil, comme une sorte de passation de pouvoir. A Donington, en Angleterre, Senna réalise la plus belle prouesse jamais réalisée sous la pluie par un pilote. Il raconte dans un témoignage à Lionel Froissard : « Ce matin là en me levant je priais pour que la pluie redouble, je n’aimais vraiment pas l’électronique et au moins avec la pluie on reviendrait aux sensations d’antant. Bizarrement je m’étais levé vers 5h du matin ce jour là, d’un sursaut, et je le savais… je le savais ! Ce jour là j’avais de bonnes sensations. »
Ce jour là, Senna part 5ème, il ne lui suffira que d’un tour pour doubler Wendlinger, Schumacher, Hill et Prost. Il passe ce dernier au prix d’un freinage énorme. Sous des conditions dantesque Senna montre qu’il est le plus grand pilote du monde, c’est en tout cas ce que concèdera Prost en descendant du podium. Après une victoire à Monaco, Senna prend la tête au championnat, contre toute attente, et malgré une McLaren semble t’il de plus en plus faible par rapport à une Williams bourrée de gadgets. Le V10 Renault fera toute la différence sur la deuxième moitié de saison ou Williams surclasse McLaren. Senna se braque et devient de plus en plus froid, il sait qu’il laisse filer le titre mondial, ce dernier duel face à Prost. Il l’emporte alors à Adelaïde pour la dernière manche de la saison et surprend son monde en invitant Prost, le nouveau champion, sur la première manche du podium. Une accollade s’en suivra dans le parc fermé, puis la séance d’interview d’après course, restera comme une des plus belles de l’histoire de la Formule 1. Senna rend hommage à prost son meilleur ennemi, on comprend alors que l’inimitié de la piste se transforme en lune de miel entre retraités. Prost annonce son départ, Senna et lui n’aime pas le virage que prend la F1, beaucoup trop de recours à l’électronique, pas assez aux qualités du pilote.


Il y a ce jour là de l’émotion dans les yeux des deux pires ennemis. Ils se montrent, tout deux, la profonde admiration et le profond respect qu’ils ont l’un pour l’autre. Senna ira même remercier Prost pour tout ce qu’il lui a apporté tout au long de sa carrière. Alors que le soleil se couche sur l’Australie c’est une magnifique page de la F1 qui semble se tourner.
La réconciliation est lancée et vire à la franche rigolade lors de la conférence de presse où Senna révèle que Ron Dennis vient de lui dire que, s'il le souhaite, il peut rester chez McLaren en 1994. Prost tape alors dans le dos de Senna en lui disant ; « Tu sais, il m'a dit la même chose fin 1989 ». Tout le monde éclate de rire.
Senna partira bien en 1994 pour Williams et l’intersaison ressemble à un travail main dans la main entre Prost et le brésilien. Ils se retrouvent lors d’un gala de charité à Bercy puis mènent leurs essais ensemble pour le compte de l’écurie anglaise. Senna va pouvoir enfin conduire la voiture imbattable du plateau, mais il faudra faire sans Prost. Et très vite Senna est débordé. Il n’est pas à l’aise avec la voiture qu’il n’épargne pas. Pendant que Senna cale, Schumacher capitalise et au bout de deux course, l’allemand et sa Benetton mènent par deux victoires à rien.
Senna arrive à Imola, sous pression pour le troisième grand prix de la saison. Le week end le plus tragique de la F1. Et pourtant, ce vendredi 29 Avril, tout allait commencer pour le mieux, comme un présage. Senna s’élance de la voie des stands pour lancer ses essais libres. A la demande de Prost, il effectue le tour de reconnaissance que doit diffuser TF1 le dimanche avant la course, avec ses commentaires en live. Senna en profitera, à la fin de son tour pour glisser un simple mais énergique « I miss you Alain ». Malheureusement, les choses se gâtent, Barrichello se retrouve éjecté contre un mur de pneus en pleine courbe, comme en plein vole. Le bruit sourd est impressionnant et Barrichello se réveille au centre médical sous les yeux d’un Senna médusé de peur. L’autre brésilien s’en sortira avec une simple fracture au bras, mais on croit alors n’être pas passé loin du drame. En coulisse Senna perd ses nerfs et semble commencé à prendre peur. Il demande la refonte complète de ses réglages pour les qualifications du lendemain et surtout balbutie complètement en interview, signe qu’il est alors ailleurs.
Le lendemain, Ayrton avoue qu’il a eu du mal à trouver le sommeil. Le pilote au casque jaune mythique semble quelque peu stressé. Il signe, néanmoins le meilleur tour de cette séance de qualification. Alors que la séance n’est pas encore finie mais que Ayrton semble intouchable en ce Samedi 30 Avril, Roland Ratzenberger, modeste pilote Autrichien se tue au volant de sa Simtek. L’enquête révélera que Ratzenberger ne serait pas mort sur le circuit mais à l’hôpital de Bologne. Comme l’indique la loi italienne si la mort est survenue en dehors de l’enceinte sportive alors l’évènement peut avoir lieu. Senna panique, demande à se rendre sur les lieux du drame. Il constate l’état de l’autrichien qu’il accompagne à l’antenne médical ou il fond en larme dans les bras du médecin de la F1, Sir Sid Watkins. Ce dernier révélera que Senna n’avait à ce moment là, plus envie de conduire, sous l’effet du choc. On ne pourra oublier ses yeux fixés sur les ralentis de l’accident. Senna semble troublé. La réunion du GPDA, association des pilotes a lieu le dimanche matin, avant le Warm Up. C’est le dernier présidé par le grand Ayrton. Il motive ses collègues et les arranguent à rendre hommage de la plus belle façon possible au pilote Simtek disparu la veille.


Si Senna semble soucieux ce jour là, fermant les yeux pour se concentrer, des poches sous les pupilles rougies, personne n’imagine alors ce qui se profile.
Sid Watkins monte à sa hauteur et sans présages lui lance :
- « What else do you need to do? You have been world champion three times, you are obviously the quickest driver. Give it up and let's go fishing » (« Qu’es ce qu’il te faut de plus tu as deja été champions du monde trois fois, tues certainement le pilote le plus rapide, tu le resteras alors met toi à la pêche »)
- « Sid, there are certain things over which we have no control. I cannot quit, I have to go on. »[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] (“il y a des moments ou on ne contrôle pas certaines choses je ne peux pas arrêter je dois y aller »
Au cours d’un diner, la veille, au restaurant avec Berger et Jakubi, comme il en avait toujours eu l’habitude, il avait demandé au grand Gerhard de lui remettre un drapeau de sa nation pour pouvoir le hisser à la fin de la course, en souvenir de Ratzenberger.
Juste avant de monter dans sa voiture, il prend soin d’y déposer le drapeau et glisse chacune de ses craintes à Alain Prost qui doit commenter la course pour TF1. Il souhaite créé un comité de pilote qui conseillerait la FIA. Trop tard…
La course s’élance, au sixième tour, la suspension du brésilien rompt à l’abord de Tamburello, et il entre dans le mur à près de 250 km/h. Dans le choc, ses roues s’envolent et l’arbre de suspensions lui transperce le casque et donc le crâne. Senna est immédiatement évacué par Hélicoptère. La course devient anecdotique. Berger se retire pour l’accompagner à l’hôpital, en voyant Magic sur son lit de mort, il dira ne pas avoir pu fermer l’œil pendant près d’une semaine. Peu après 18H30, alors que toutes les écuries se rendent à l’aéroport pour rentrer, le décès de Senna est annoncé.
Ce drame aurait-il pu être évité ? Sans doute ou sans doute pas, ce que personne n’oubliera par contre c’est l’attitude, la gueule de ce pilote. Un prophète, un vrai, qui aujourd’hui aurait du fêter ses 50 ans. 16 ans que tu as disparu Ayrton, 16 ans que l’on se demande si la F1 s’est véritablement remise de ce funeste 1er Mai 1994. Une seule chose est sûre au moment de tirer les bilans, la mort de Senna l’a également fait entrer dans la légende car il partit comme un prophète, car la F1 est un peu morte ce jour là.






Ayrton Senna a été désigné par ses pairs (soit tous les pilotes de F1 a avoir couru en F1 et étant toujours en vie ) l’année dernière comme le meilleur pilote de tous les temps devant Schumacher, Fangio et Prost.
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Re: Un prophète nommé Senna

Message par cazzu le Lun 3 Mai - 8:44

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Invité le Lun 3 Mai - 11:16

super bel hommage que t'as fais cazzu !

j'aime aussi bien l'article que le dessin,encore une fois bravo !

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Cmoi le Lun 3 Mai - 12:00

superbe hommage, superbe article cazzu....Bravo, je suis encore tout ému... Sad

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Invité le Lun 3 Mai - 14:42

ce qui m'a aussi plu dans cette article,c'est les propos de lionel froissart,d'où les a tu ramener ?

et aussi j'avais des doutes sur le champion de 89,maintenant,prost est bien gravé dans ma tête...

mon classement pilotes c'est

1-schumacher
2-senna
3-prost
4-fangio

quoique j'apprécie prost plus que senna...

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par cazzu le Lun 3 Mai - 14:47

c'était lors d'un article en 2003, sur l'exploit de Senna a donington, je l'avais gardé tellemnet je l'avais trouvé superbe. Un article publié dans libération juste avant le grand prix de grande bretagne de cette année la !!!!
en faite ca m'étonnerai pas qu'il l'ai mise dans son livre "croisement d'une vie" parceque je l'avais lu dans F1 racing également juste avant la sortie du bouquin, pour la promo il avait dfait une théma sur Senna avec ses 5 plus grands exploits !!!

Honnetement quand tu reflechis senna/prost ce serait comme un Alonso/Button !! pour kles pauvres ....
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Re: Un prophète nommé Senna

Message par cazzu le Lun 3 Mai - 14:48

etant petit je preferais prost a senna, tout français que nous sommes mais je te jure quand voyant toute l'énergie du brésilien, tout son caractère, toute sa présence, vraiment je ne peux être que pantoi, je suis d'accord avec le fait que ce soit le plus grand !!!
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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Invité le Mer 5 Mai - 22:38

senna etait en fin de carriere. les loup etait deja la sa mort en a fait une legende la suite aurait pu etre tres dure pour lui mais on le sera jamais il y a eu un 1 mai

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Invité le Jeu 6 Mai - 18:03

Jvoulais ajoutet trois belles photos comme com pour ton article Very Happy






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Re: Un prophète nommé Senna

Message par Cmoi le Jeu 6 Mai - 18:09

j'adore la 2eme... Very Happy

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Re: Un prophète nommé Senna

Message par cazzu le Jeu 6 Mai - 23:24

Superbe Chakib !
ce mec avait vraiment la classe !
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